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Julos Beaucarne

J’ai connu Julos Beaucarne par ses livres. Cette rencontre fut si forte pour moi, qu’il fut le premier chanteur que j’invitais, quelques années plus tard, pour l’ouverture du festival poétique et champêtre « La Grande Deltheillerie » que nous organisions avec Yvan et quelques amis dont Philippe Forcioli, à Villar en Val durant 20 ans, dans le sillage de l’écrivain Joseph Delteil.
Je me souviens lui avoir écrit une lettre dans laquelle je lui disais que notre festival débutait et que nous n’étions pas en mesure d’accueillir son spectacle avec ses musiciens mais que je rêvais de le recevoir. Pourquoi pas, « seul avec sa guitare », s’il acceptait ?
Je postais ma lettre le cœur battant à l’adresse inoubliable du 2 rue des Brasseries, passage du vélo volant, 1320 Tourinnes La Grosse. Belgique. La réponse ne s’est pas faite attendre. Sur une carte où Julos pédalait en pull arc -en -ciel sur un improbable vélo, il m’avait répondu : « Je viendrai et même un jour avant pour vous connaître » !
Et, si nous nous sommes rencontrés ce jour d’août 1995, j’ai le sentiment que nous nous connaissions déjà…
Depuis, nous avons déroulé, tout naturellement et joyeusement, le fil d’une vie d’amitié, de fêtes de famille, de pensées indélébiles écrites à l’encre arc-en-ciel.
Julos est devenu l’ami fidèle de la Deltheillerie de Villar, un lieu où s’inscrit à jamais sa force poétique jusqu’à avoir donné au paysage un horizon nouveau. Longtemps, la Pagode post-industrielle ISAURE, érigée en totem à l’entrée du village, a accueilli le visiteur.
Le temps a fait son œuvre sur le bois mais, la trace est profonde et, le « champ de Julos » à Villar garde pour toujours, entre la terre et le ciel ses « 9 étages pour un monde neuf ».
« A Villar, je suis monté voir le lieu d’où a jailli Delteil et tout ce qui a suivi : ses livres, les gens qui les lisent, ses paroles qui s’envolent. Ses pas d’enfant sont restés dans la mémoire de la terre, dans la mémoire des chênes verts. La vie est verte au Villar et l’eau dégringole de très haut…. Le poète veille dans la nuit magique. Dans le cimetière, au lieu d’une croix sur une des tombes, il y a une flèche qui montre le ciel, une sorte de poteau indicateur en pierre qui dit : « je viens de là et j’y retourne ». Sommes-nous tombés un jour des étoiles de la nuit ?» Julos Beaucarne.
Oui ô Julos, le poète « gardien du frisson » ayant maintenant rejoint son terroir de galaxies, veille dans la nuit magique.

Magali Arnaud

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